Un gain individuel qui ne se propage pas à l’organisation

Lors du Gartner Supply Chain Symposium/Xpo, réuni à Barcelone en mai 2026, une étude menée auprès de 101 CPO a mis en évidence un chiffre qui mérite d’être regardé de près : seuls 36% des directeurs achats se disent réellement confiants dans leur capacité à repenser les rôles et les processus de leur organisation autour de l’intelligence artificielle générative.

Ce chiffre n’interroge pas l’adoption de l’IA. Elle est aujourd’hui largement engagée dans la plupart des directions achats : rédaction accélérée, synthèse de documents, premiers jets de RFP. Il interroge autre chose, plus structurel : pourquoi des gains individuels bien réels ne se traduisent pas en performance collective pour la fonction achats dans son ensemble.

Un gain individuel qui ne se propage pas à l’organisation

Gartner nomme ce phénomène le paradoxe de productivité de l’IA. Le constat est simple à formuler, plus difficile à corriger : quand l’IA automatise une partie d’une tâche, l’acheteur qui l’utilise gagne du temps et de la qualité. Mais l’organisation, elle, ne capte pas automatiquement ce bénéfice. Sans révision des rôles, des workflows et des indicateurs de pilotage, le gain reste confiné à l’échelle individuelle.

C’est un point souvent sous-estimé dans les discours sur l’IA appliquée aux achats : la technologie ne produit de la valeur collective que si l’organisation est conçue pour la capter. Un outil plus rapide ne rend pas, à lui seul, une direction achats plus performante.

Une méthode, pas une promesse

L’analyse de Gartner ne s’arrête pas au constat. Elle propose une démarche concrète, que toute direction achats peut engager sans attendre un projet de transformation lourd :

  • Cartographier les tâches réelles. Avant de parler d’IA, il s’agit de dresser l’inventaire précis des activités des équipes achats, telles qu’elles sont exercées aujourd’hui.
  • Distinguer ce qui reste humain de ce qui devient nativement automatisable. La négociation, l’arbitrage stratégique et la relation fournisseur relèvent de compétences difficilement substituables. La collecte de données, la structuration de l’information et les premières analyses peuvent, elles, être largement prises en charge par l’IA.
  • Réviser les indicateurs de performance. Les mesures classiques, centrées sur le volume produit par unité de temps, deviennent inadaptées à une fonction achats appuyée par l’IA. Gartner recommande de leur substituer des indicateurs de valeur : contribution au résultat financier, complexité réellement absorbée par l’organisation, nouveaux types de production rendus possibles.

Ce que cela change concrètement pour une direction achats

Ce diagnostic déplace le centre de gravité du débat. La question n’est plus de savoir s’il faut déployer de l’IA dans les achats, la réponse est largement acquise. La question devient organisationnelle : qui, dans la direction achats, prend en charge la refonte des rôles, des workflows et des critères de mesure de la performance ?

Cette bascule s’inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement de la fonction achats. Longtemps pilotée par des indicateurs de coût et d’efficacité opérationnelle, elle est de plus en plus attendue sur sa capacité à créer de la valeur mesurable, à absorber de la complexité et à contribuer directement au résultat de l’entreprise. Le paradoxe de productivité identifié par Gartner en est une illustration précise : il ne s’agit pas seulement d’outiller les acheteurs, mais de redéfinir ce que l’on attend d’eux.

Pour une direction achats, la priorité immédiate n’est donc pas de multiplier les cas d’usage IA, mais de conduire ce travail préalable de cartographie et de révision des rôles. C’est cette étape, plus que l’outil lui-même, qui conditionne la capacité de l’organisation à transformer un gain individuel en performance collective.

C’est précisément ce qui guide notre approche chez Oalia depuis le départ : une plateforme n’a de valeur que si elle est pensée pour structurer ce travail collectif, pas seulement pour équiper des utilisateurs isolés. C’est cette différence, plus que la technologie elle-même, qui sépare un outil qu’on utilise d’une organisation qui progresse.

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Source : Gartner, présentation au Supply Chain Symposium/Xpo, Barcelone, mai 2026, relayée par Supply Chain Digital.

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