Je sors de la lecture du rapport Gartner (Emerging Tech: Agentic AI Maturity Roadmap)
Si je comprends bien le message, l’IA agentique s’imposerait comme la prochaine promesse majeure.
Je ne doute pas que les organisations vont s’engager dans cette voie.
Mais je suis convaincu que des déconvenues importantes seront observées.
IA agentique : une technologie non déterministe au cœur des décisions
Dans les Achats, mon sujet de prédilection, et plus largement dans tout environnement décisionnel critique, une question reste largement sous-estimée :
Peut-on industrialiser la décision sur une technologie non déterministe ?
L’IA agentique est probabiliste, contextuelle, non strictement reproductible. Mais Les Achats reposent sur l’inverse : traçabilité, justification, auditabilité.
Et cela sans compter le facteur humain. Plus l’IA est performante. Plus elle est suivie, moins elle est questionnée et plus la vigilance diminue.
Et donc on peut estimer, qu’il existe un risque réel de perte de savoir-faire, de dépendance cognitive et d’affaiblissement du jugement.
Décision achats et IA agentique : un enjeu de responsabilité majeur
Le risque n’est donc pas seulement technologique. Car une décision achats engage toujours :
- Financièrement,
- Contractuellement,
- Juridiquement
Et une décision non parfaitement explicable pose une question simple :
Qui est responsable ?
Le paradoxe est là. Plus l’IA est crédible, plus le risque augmente silencieusement. Le vrai danger n’est pas que l’IA se trompe. C’est que l’humain cesse de vérifier.
À ce moment-là, on ne devrait plus parler d’acheteur augmenté mais … d’acheteur diminué.
La question n’est donc pas jusqu’où peut aller l’IA ? Mais jusqu’où doit-on lui laisser la décision ?
(À suivre)

